Kerkennah semble vivre une période difficile. En proie à des intentions maffieuses, la république sur l'Archipel semble être en péril. Partageons dans cet article le point de vue d'un Kerkennien vivant à Tunis, Hassan D. Petit rappel dans l'article précédent Kerkennah en grève sous les feux des projecteurs, nous vous présentions le point de vue des différentes parties prenantes au(x) conflit(s) qui agite(nt) depuis quelques mois notre archipel habituellement bien calme. Partie visible d'un iceberg en méditerranée... Qu'en est il après ces quelques mois de la saison estivale et touristique ?
Quoi de neuf depuis le début de l'année 2016 ?
Après un mouvement de colère exceptionnelle en avril 2016 à Kerkennah et le durcissement des conflits entre certains habitants et les forces de l'ordre, le calme semblait regagner notre archipel durant l'été. C'était sans compter sur un étrange phénomène antirépublicain... qui semble planer au dessus de cet archipel tant apprécié pourtant...
Petit rappel des titres de la presse depuis le sit-in devant Petrofac
Après le sit-in en février Mars 2016 de plusieurs salariés manifestant leur mécontentement quant à la précarité de leur statut, d'autres salariés souhaitant travaillé ont entamé une grève de la faim afin de faire réagir et intervenir les autorités du gouvernorat de Sfax. Conclusion, après plusieurs semaines de conflits nous avons pu lire dans la presse les menaces de départ de la société Petrofac et depuis peu aussi Petrofac quitte le territoire tunisien.
Cette atmosphère conflictuelle a conduit l’État tunisien et le gouvernorat de Sfax à faire intervenir les forces de l'Ordre, incarnation de la sécurité nationale pour les citoyens. L'accueil qui a été réservé aux policiers puis ensuite aux militaires sur l'archipel révèle l'état de non droit qui semble s'installer sur ce joyau de la Tunisie. (Lire Renfort militaire à Kerkennah et Tunisie: Absence des forces de sécurité à Kerkennah - Menaces sérieuses sur la saison touristique; Coup de force à Kerkennah: 80 manifestants encerclent les policiers et les obligent à quitter)
Dans ce contexte d'insécurité, la culture a été impactée. Ainsi le traditionnel festival de la Sirène a été annulé par manque de sécurité. C'est donc la 27ème édition de cette manifestation culturelle à Kerkennah, prévue du 29 juillet au 3 août qui ne s'est pas tenue. Pourtant les organisateurs s'étaient investis pour l'ensemble de la population, en invitant entre autre cette année sur l'archipel, le chanteur égyptien Iheb Taoufik et la star syrienne Hussein El Dik. Lire Kerkennah : Le festival de la sirène annulé pour des raisons sécuritaires.
Alors sans vie culturelle et démunie de ses plus beaux atouts, Kerkennah et ses habitants pacifistes reste livrée à elle même en proie aux différents bandits et maffieux qui souhaitent placer l'ile sous leur contrôle...
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Il est temps d'agir et de combattre cet étouffement de la République par la culture ! Il faut soutenir les écoles et nos enfants dans leurs actions de mobilisation. L'éducation et la culture sont des piliers de la vie insulaire n'est-ce pas ?
Fatma Mseddi, Députée de Nida Tounes en déplacement « non-officiel » dans les Iles dénonce : « Les Kerkenniens se plaignent de la prolifération du crime, dont le cambriolage des maisons et le trafic de drogue » (Radio Mosaïque FM). Elle appelle au retour des forces de l’État à Kerkennah (Fatma Mseddi, députée : les habitants de Kerkennah réclament le retour des forces de sécurité)
Mais les choses semblent peut soucier nos politiques car au fond que représente Kerkennah ? Peu de choses quand on voit les autres difficultés que le gouvernement rencontre. Kerkennah a connu peu de soutien au développement depuis des années et finalement apparait comme l'archipel délaissé par la république tunisienne.
Nous sommes nombreux à être témoins de ces exactions perpétrées par une minorité de bandits qui souhaitent jouer de cette indifférence du continent et de la politique nationale en maintenant l'anarchie sur notre archipel.....
A quand le réveil tunisien pour son joyau ? Joyau dont la Tunisie pourrait en faire un symbole républicain au cœur de la méditerranée ?
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Questions ouvertes ?
Que cherche t-on à faire sur les iles de Kerkennah ? A l'appauvrir ? A lui couper certaines de ces ressources qui permettent à ses habitants de pouvoir vivre dignement ? Avec ces menaces et ces violences du fait d'une minorité, posant la question du départ possible de l'entreprise conjointe Anglo-Tunisienne Petrofac, posant la question de la menace sur la liberté culturelle, d'expression, etc...
Avec ces comportements anti-républicains, c'est l'ensemble de l'économie locale qui s'effondre. Les restaurants, les hôtels, les différents services de taxi, la restauration rapide et taxiphone qui vivent en partie des employés travaillant pour Petrofac et qui accompagnent la vie culturelle et touristique de l'archipel, se retrouvent aujourd’hui dépourvus de cette clientèle et de la manne financière qui pourrait se voir peu à peu diminuer... Jusqu’à quand ? Qui profite de ces effets nocifs pour la démocratie et la vie paisible sur l'archipel ? Qui souhaite renvoyer Kerkennah à l'âge de pierre ?